Je veux faire des photos qui inspirent la douceur. Je suis revenue maintenant de ce monde où les gens lancent les assiettes contre les murs quand il n'ont plus les mots. Je ne veux plus y retourner. Tant pis si j'ai cru que jouer les filles à peau dure me donnerait plus de consistance. Il y a un moment où il faut savoir arrêter de se tanner le cuir. Il y a ces gens qui ont fait de la dépression une personnalité et du pessimisme une figure de style. Qu'ils ne m'approchent plus. Voilà des mois que je ne viens plus prêcher à leur église.
Il y a encore, souvent, ces jours où je me sens faible. Dans ces heures-là je suis une foutue créature. Un animal craintif tassé dans le coin de la salle de théâtre. Répéter le silence. Elle dit "Finalement c'est l'océan ?" Je dis oui, à cause des vagues. Les autres semblent réussir toujours à mettre leurs pensées en cage. J'ai toujours peur qu'ils voient, qu'ils sentent (comme les bêtes) l'odeur du blessé chez moi. Que le groupe se referme devant moi, me laissant au porte d'un caverne dont je ne saisi jamais vraiment les fondations. Ce que je dis n'a pas de sens. On m'avait pourtant prévenu, sans les cachets ce serait plus dur. Ils m'avaient fait le dessin, les molécules de bonheur venant remplacer ce qu'il manque entre deux de mes neurones. Ils voulaient faire tourner mon cerveau au chimique. J'ai dit non, merci, je me débrouillerai. Après tout je ne vois pas pourquoi je craindrais la chute, je le connais maintenant le goût du gravier mêlé à celui du sang dans ma bouche.

1 histoires:
J'aime beaucoup ton blog. Beaucoup.
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Blow up my mind.